Pratiquer l'art du bonsaï c'est essayer de reproduire une émotion ressentie en observant de beaux arbres dans la nature. Pour pouvoir tout les jours avoir un arbre vénérable dans son jardin, le bonsaika en crée un plus petit, magnifié.
Petit à petit, des codes, des règles dictant cet art sont apparu. On a codifié les différentes formes, instauré des principes fondamentaux, puis nous avons analysé nos arbres sur les bases mêmes de ces règles et codes. Cette analyse permet de décrire les sujets en séparant association, formes et style.
Décrire le bonsaï consiste à imaginer les pièces d'un puzzle, mais aussi réfléchir sur le lien qui les unit les une aux autres.
A force d'analyse, de travail sur ces codes, le bonsaika européen en a oublié les bases même de la philosophie bonsaï qui voulait que l'on reproduise la nature, elle si diverse, aléatoire. Pour créer il a recopié et s'est inspiré des œuvres des maîtres japonais, par facilité. Cela à eu pour conséquences d'obtenir des arbres très irréels, qui se ressemblaient tous beaucoup.
La nouvelle vision du bonsaï qui apparaît depuis peu en France va s'étayer sur des formes plus naturelles, cette vision bouscule quelque peu les habitudes, et complète les connaissances déjà acquises à propos des modèles japonais, il s'agit de mêmes arbres, seul le regard change.
Les codes s'appliquent quand même : par la conicité des troncs, équilibre de la masse foliaire, la présence des bois morts, l'insertion des branches à l'extérieur des courbes, tous sont des caractéristiques observables sur des sujets âgés dans la nature. La seule différence est le respect d'une nouvelle règle : la règle que nous impose le port naturel de la variété utilisé pour faire le bonsaï.
L'essence même de l'arbre est un code absolument universel, mais le formateur donne libre cour à son imagination tout en respectant ce nouveau code.
Evidement ce qui compte c'est le rêve du spectateur, ce qu'il ressent, l'émotion que dégage le bonsaï.
La codification japonaise, plus naturelle, est la base à partir de laquelle se développe actuellement l'art du bonsaï en Europe. La mise en avant de cette codification a un rôle fondamental pour débuter dans l'art du bonsaï…
Il serait pratique d énumérer une liste des règles, de code de ce qui et correct, de ce qui ne l'est pas, mais la nature ne connaît qu'une seule règle : celle que lui dicte les gènes des végétaux qui la compose. A nous de comprendre la nature, ses exigences et ses besoins pour retranscrire correctement, avec justesse et réalisme dans nos bonsaï ce qui nous fait vibrer au détour des chemins.
Que dire alors des genévriers, des buis, des azalées qui dans la nature forment des buissons ! Ce sont pourtant des arbres utilisés par les maîtres japonais !!!
Doit on discerner deux types d'arbres ? Les arbres dit " naturels " et les arbres plus stylisés ou l'artiste n'a pour règles que celles dictées par son imagination ?
Bien sur ce qui compte c'est le rêve du spectateur, ce qu'il ressent, l'émotion que dégage le bonsaï.
Il semble évidant aujourd'hui qu'en Europe la pratique du bonsaï évolue très vite (trop ?). Peut être est ce la faute au mode de cultures du XXI siècle…Mais c'est peut être aussi pour nous une chance si nous arrivons à faire la part des choses, ce qui est sans doute la chose la plus difficile pour un débutant.
François Lalisou